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Avoir 28 ans.

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Le jour de mes 28 ans, il y a deux ans, j’étais mdepressia et presque en pleurs. Tout ça parce que j’en étais pas arrivée au point que je m’étais fixée quelques années plus tôt.
J’avais un calendrier de ma personne, le truc à pas faire.
J’étais donc au bureau de la charika, triste comme les pierres, incapable de travailler, matant les murs encore un peu blancs et le mobilier morose.
Le téléphone fixe sonne, c’est en général le directeur qui veut vous voir pour vous rappeler à l’ordre ou une personne perdue qui cherche quelqu’un et qui vous a pris pour le standard.
C’était la réception : « madame, il y a un bouquet de fleurs pour vous ».
What?
Avant de me trouver, le bouquet avait fait le tour de plusieurs étages, tout l’immeuble était donc au courant et hilare.
Je descends, interloquée, un énorme bouquet de roses rouges m’attend.
Je savais déjà pas qu’on pouvait faire livrer des fleurs en Algérie, alors à moi, au boulot, c’était la big surprise.
J’avais une idée de qui c’était, une amie merveilleuse. Mais évidemment, tout le monde autour pensait que j’avais un mystérieux amant.
Alors que c’était mieux que ça! J’avais une amie prête à me redonner le sourire et l’éclat de rire, et mission réussie.

 

J’étais bête de déprimer comme ça. 28 ans, c’est encore grandement l’âge de tous les possibles, de toute la jeunesse.
On a gagné un peu en maturité ( à peine), on sait un peu ce qu’on veut, beaucoup ce qu’on veut pas, mais les erreurs sont légitimes. On a pas de rides, peut-être 3 cheveux blancs ( et on pleure en les comptant!). On récupère moins bien des longues soirées mais on les fait quand même, on n’ose plus la nuit blanche, mais parfois elle nous rattrape et dans ces cas, y a toujours une amie ou deux qui la subit aussi et qui discutaillera avec nous entre 3h et 6h du mat.

 

Les vieilles dames nous diront « tu n’es pas mariée? Tu as quel âge ma fille? » -Aaaah tu es jeune, mais hadak houwa*! Avec toute la bienveillance du monde.
Et nous on comprendra pas pourquoi cet empressement.
Alors qu’on se presse aussi pour d’autres choses.

 

On aura des envies de voyages entre copines, des envies de rencontres éphémères qui durent, et on acceptera le deal de la souffrance. On aura pas assez vécu en fait. Pas assez vu. On sera encore assoiffées. Makhlou3ates** de la vie.
Chaque chose sera bonne à prendre, on vivra sous le mantra du « profite, profite ».
On pensera qu’on a le temps, tout en ayant déjà conscience de chaque moment.

 

Certaines n’auront pas le temps, elles n’examineront pas leurs premières rides à la loupe comme si la survie du monde en dépendait , elles n’auront pas 28 ans. Leur sublime jeunesse sera figée, vivra ailleurs, dans le corps et le regard des autres.
Et plus personne n’aura à chialer du temps qui passe, parce que c’est merveilleux de pouvoir avoir 28 ans.

 

Joyeux anniversaire à tous ceux qui sont nés un 18 mai ! On fait aujourd’hui un revival du Club Dorothée et on vous chante une chanson!

 

Mamzelle Namous

 

*yalaaa il est temps! 

**des so excited de la life! 

White is the Color of..

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L’autre fois, quelqu’un me disait qu’Alger c’est fini, qu’Alger c’était avant (dzayer bekriiiii), qu’il n’y a plus rien à construire, à faire, que c’est le règne de la médiocrité et de la morosité. Qu’il fallait partir, fuir ailleurs.
Et j’ai trouvé le mot « fuir » à point. Je ne sais pas s’il est juste, mais il résonne.
Quand on quitte « sa ville », peu importe la raison, on a ce sentiment de fuite. En avant, en arrière, en n’importe comment, je sais pas.
On quitte un amour, un bleu du ciel, un t-shirt blanc sous une chemise bleu. Ce t-shirt dont on apercevait juste le col, d’une blancheur irréprochable et qui nous donnait envie de plonger dedans.
Sauf qu’à un moment on ne peut plus. On le regarde, mais l’envie de succomber se teinte de trop de triste. Et quand les sentiments deviennent marrons, la vie est morose oui.
Alors faut arrêter, partir. Loin, si on peut.
Une dizaine d’heure d’avion, ça serait le rêve. Se réveiller dans un autre fuseau, la peau un peu sèche, peut-être un peu grise, mais remplie de quelque chose.
Voir un autre ciel, d’autres arbres, des gens différents. Qu’ont plusss le sourire et l’envie de parler vraiment. Alors on se dit qu’il y a une vie à se faire, qu’Alger et son col blanc ça sera du souvenir heureux.
Mais cette forme d’Alger plane toujours quelque part dans l’air. Ca plane tellement fort qu’on voudrait l’attraper et tout recommencer. Ca cogne contre le soleil, ça pince le ventre, ça fait mal à la gorge.
Mais c’est déjà quelques heures plus loin, et au fur à mesure, ça sera peut-être quelques vies avant.

Mamzelle Namous

La Fille du Rentier

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Il y a quelque temps, on rencontrait le fils du ministre. Il est moyennement grand, plutôt mignon mais sans plus non plus, mais son charisme de jeune riche l’aide un peu dans son physique, et il avait une meuf. Ils doivent bientôt se marier. 

 

Je l’ai rencontré la semaine dernière, elle a enfin fini ses études de commerce à Nice. Ca lui a pris du temps (trois ans quand même), beaucoup d’argent, mais ça valait le coup. C’est une intello maintenant. 

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The F words

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Après avoir parlé de la vie et de la mort la semaine dernière, parlons de fascination voulez-vous.
Alors, il y a cet homme qui me fascine, il est grand ( je crois), très barbu ( sûrement malgré lui), et il vit dans la rue. 
On le voit sur l’autoroute de ben aknoun, près de la verdure et de la terre. Il marche souvent tête baissée ou tête ailleurs, complètement détaché de tout. Du flot de voitures, du flux du bruit, de la vitesse, de nous, du reste. Sa façon de se déplacer et d’être me marquent, sans trop savoir pourquoi. Quelque chose dans sa lenteur rend la circulation des voitures dérisoire. 
J’ai parlé de lui à ma grand-mère qui m’a dit qu’ils sont obligés d’être détachés, sinon ils survivent pas, et que la drogue ça aide à être comme ça.

Quand y a des embouteillages et que je me retrouve à son niveau, j’ai envie de rester longtemps à le regarder marcher sur l’herbe qui surplombe la route, la démarche enlevée et le regard au loin, comme un aventurier sur un beau terrain fertile dans un monde lointain. Quelque part en Amérique Latine peut-être… 

mamzelle namous

Jeu, Set et Match!

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Les trois jours de deuil national décrétés après la mort du Roi Abdallah m’ont amené à me poser des questions sur la conception de la mort chez nous.

Celle de l’Etat d’abord. Je veux bien comprendre que ces deuils nationaux soient une tradition arabe, mais ils sont tellement déconnectés de toute réalité et de tout sens des proportions qu’ils en deviennent ridicules. Ils en deviennent surtout presque insultants quand on voit comment l’Etat «traite» les autres morts algériens.

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