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Archive du mois : mars 2017

Golden Baby

 

 

 

 

Récemment, j’ai recroisé une personne que je n’avais pas vu depuis quelques années, et après les embrassades, les t’as pas changé, toi non plus, c’est fou de se croiser ici, comment ça, ça va ça va, j’ai eu droit à la fameuse question à laquelle on ne s’attend pas du tout quand on est célibataire : Alooooors tu t’es mariée?
-Non.
-Noooon??? Mais comment ça se fait ? Pourquoi?

 

Face à l’inédit de ces interrogations, je n’ai évidemment pas su comment réagir, et je n’avais pas de super réponse à donner.  A part « bah la vie, tout ça ».
-Non mais t’as bien dû avoir des occasions.

 

Ah, « l’occasion », mot qui revient souvent dans le vocabulaire associé au mariage et aux rencontres. Et parfois suivi de « t’as raté des occasions, c’est dommage ».

L’homme, ou l’histoire, peut donc être une occasion, que vous saurez saisir, si vous êtes smart, ou que vous laisserez passer, si vous êtes conne. Ou pire, inconsciente. Et dans 30 ans, avec vos cheveux blancs et votre gin tonic, vous penserez amèrement à toutes ces occasions ratées. Trop occupée à faire d’autres plans.

 

Comme pour les voitures ou les ordinateurs, les occasions, il y en a des belles qui ont pu vous passer sous le nez. Parce que l’acheteuse à côté faisait une meilleure offre, ou que le produit n’est pas resté sur le marché assez longtemps pour que vous lui sautiez dessus et l’agrippiez de force. Peut-être que vous aviez tenté, que vous y aviez mis du cœur et du rouge à lèvres, mais que ça n’a pas suffi.
Et puis les occasions, il y en a aussi des moyennes et des pourries. Et ça, bon Dieu, vous en avez vu passer. Des trop cher pour ce que c’était. Des qui correspondent pas à l’annonce. Des qui fonctionnent vraiment mal. Mais même celles-là, vous auriez pu leur donner une chance merde.

 

C’est vrai, j’ai peut-être parfois été trop sévère. Toutes ces idées et occasions ratées m’ont alors traversé l’esprit quand cette personne m’a posé la question.
En vrac, j’ai pensé à :

 

– Ce mec qu’on avait surnommé avec des amies « the good guy », parce que c’était un bon garçon, gentil, bien élevé, mignon. Il avait, comme on dit, « tout pour lui ». A notre premier rendez-vous, je me suis faite chier comme un rat mort. Je n’avais rien à lui dire. Quand je suis rentrée à la maison et que j’ai raconté à ma grand-mère, elle m’a dit « hada, les filles idirou s’hour pour l’avoir et toi zaama tu t’ennuies»  ( les filles pourraient faire de la magie noire  pour le pécho, et toi tu te la joues.. allez file dans ta chambre). 

Il faut me comprendre, la veille j’avais rencontré un homme merveilleux. Mais ce n’était pas une occasion, c’était une vaste escroquerie, et je savais que j’allais me tromper, mais j’ai fermé les yeux et ouvert grand mon coeur. (bouhhhh… je l’ai payé cher après, vous inquiétez pas).

Bon, j’ai quand eu même des doutes sur ce « good guy », alors, sans grande motivation, je l’ai revu, car comme a coutume de le dire une amie, il faut donner sa chance au produit. Le test ne s’est pas révélé concluant.
Mais quand j’ai montré sa photo à ma grand-mère, elle a trouvé qu’il n’avait pas une bonne tête. Ouf, pas de regrets.

 

– Autre grande occasion ratée: un parkingeur à Hydra. Oui oui, c’est sérieux. L’amour n’a pas de limites. Les rencontres non plus, surtout chez les parkingeurs.
Je le voyais assez régulièrement, il avait une collection d’oiseaux et jamais de monnaie. Malin, aime les oiseaux, a  donc une âme un peu poète, et probablement plus riche que moi dans quelques années. Sourire ravageur tant qu’il ferme sa bouche. Yeux brillants et rieurs. Moi j’dis que ça suffit.  Surtout quand on a dépassé 28 ans (l’âge du «hadak houwa, ma bka walouuuuu») ( c’est bon c’est le moment ma poule, y a plus rien à attendre là, y a plus qu’ààà)

( et encore 28 ans je suis généreuse, j’ai entendu cette sentence s’appliquer à des femmes bien plus jeunes, et à des jeunes hommes aussi. Ce qui est bien avec cette pression du mariage, c’est qu’elle pèse aussi sur les mecs maintenant. Egalité des sexes, suppression des discriminations, mariage pour tous, voilà de vraies avancées sociétales, merci Bouteflika.).

 

Revenons au parkingeur. Je le croisais, il me croisait, on se souriait. Des vrais préliminaires chauds bouillants. Un jour, il est passé par ma soeur ( le mec respectueux ), pour lui demander si j’étais célibataire.
Et cette conne, elle a rien trouvé d’autre à dire que  « oh tu sais elle est un peu plus âgée que toi… »
Et lui de répondre «  ah ok. mala khlass ».
Le mec s’est contenté de cette réponse. Il ne voulait plus de moi. J’en pleure encore, et je ne parle plus à ma soeur depuis.

 

-Une autre belle occasion ratée : un type qui ne m’a jamais rappelé. 
Ah non pour le coup c’est pas vraiment ma faute.

Enfin, si je l’avais pas harcelé, il aurait peut-être pas eu peur, et je serais présentement en train de chercher une crèche pour notre deuxième enfant là. Parce qu’on ne serait pas vraiment satisfait de celle à laquelle allait notre premier, pas du tout conforme à nos attentes de jeunes parents désireux d’éduquer leur enfant dans l’épanouissement de soi, l’éveil artistique et autres valeurs merveilleuses.

Ç’aurait bien chiant à chercher ça, je suis bien contente de pas en être là.

 

-Ah pas plus tard que l’été dernier, je suis encore passée à côté d’une occasion en orrrr.
J’accompagnais ma mère chez son coiffeur ( qu’on connait depuis… toujours). Il lui faisait son brushing, bla bla bli bla bla blou, et à un moment je les entends  baisser un peu la voix. Je crois entendre certains mots, et je comprends qu’ils parlent de moi. Et que ça cause mariage. Je crois que j’étais tellement désespérée que j’attendais vraiment que le gars me dise qu’il avait quelqu’un à me présenter. Le fils de kech cliente. Beau grand et riche, super intelligent qui se prend pas au sérieux, avec un humour anglais et des blagues algériennes, et un appartement parisien.
La base quoi.  Genre le fils caché de Sellal, ou de toute autre personnalité ayant des biens acquis à l’étranger.

 

A la fin du brushing, il s’approche de moi et commence en effet à me parler de « quelqu’un ». Boum bada boum. Il emploie certains mots magiques : «  chirurgien pédiatrique » ou «  pédiatre chirurgien » ( je pensais que c’était pareil mais une amie médecin m’a expliqué que non, qu’il y en a un qui est beaucoup beaucoup mieux que l’autre, mais je sais plus lequel c’est). Il ajoute que c’est un ami à lui, et me donne son âge. 15 ans de plus que moi.
Même ma mère a fait une grimace.
« si tu veux je lui donne ton numéro, il t’appelle, et vous discutez ».
« euh oui ok ».

L’occasion de merde quoi. Vous imaginez l’appel téléphonique. « Bonjour je suis machin, l’ami de Nabil, le coiffeur » .
Je préfère encore chercher une crèche qu’avoir à répondre à ça.

 

Bon, machin, le pédiatre chirurgien ami du coiffeur n’a jamais appelé. L’occasion ne s’est pas présentée, donc ça rentre pas dans la catégorie « pertes».
Quelques mois plus tard, j’ai revu le coiffeur, qui m’a relancé « si tu veux je te donne son numéro, et toi tu l’appelles ».

-Non non ça ira merci.

 

( je tiens tout de même à préciser que je n’ai rien contre la différence d’âge, si l’occasion est encore bien fraîche. 
Non, parce que moi, j’ai dépassé 28 ans, mais je le suis encore, promis, juré, craché. Si vous connaissez quelqu’un, vous pouvez lui filer mon mail…. C’est indiqué en haut, là, dans la rubrique contact.  Merci 3likom). 
 

 
Donc toutes ces occasions, et d’autres encore me sont passées par la tête quand la question m’a été posé. J’aurais pu raconter tout ça. Ma bêtise, ma fainéantise, mon envie de me plonger corps et âme dans des histoires destinées à mourir, mon amour du présent, de l’amour pur qui n’attend rien, qui n’a pas de but. Mais je n’ai pas trouvé les mots, et j’ai juste hoché les épaules.
Mes épaules ont alors reçu une petite tape amicale, un regard plein d’encouragement et un « kelchi bel mektoub de toute façon» ( tout n’est que destin ). Tout de même suivi d’un « mais ne sois pas trop difficile,  tu sais l’homme parfait n’existe pas ».
-Oui c’est vrai. Après tout, c’est comme les crèches.
-Hein?
-Non rien.

 

 

 

 

Mamzelle Namous

Vous les Femmes

 

 

 

 

 

Pour la journée de la femme ( journée des droits, journée internationale, fête de la femme, peu importe finalement le nom qu’on retient puisque c’est chaque année un peu le même cirque), j’aimerais qu’on parle du corps de la femme. Ce corps qui au coeur de toutes les attentions, sur lequel chacune et chacun a un avis, même quand ce corps lui est extérieur, surtout s’il lui est extérieur. Ce corps épié, méfié, malmené, jugé. Jugé lorsqu’il se montre un peu, beaucoup…beaucoup trop. Lorsqu’il ne se montre pas assez. Ce corps jaugé lorsqu’il se cache derrière certains accoutrements. Ce corps dont on attend qu’il soit ouvert, détendu, souriant, gracieux, fier, mais sans agressivité. Toujours avec douceur.

 

En dehors des autres, seule avec soi-même, ce corps avec lequel on peut avoir beaucoup de mal, ce corps qui embarrasse, cette peau qu’on a envie d’arracher parfois. Qui devient insupportable et qu’on voudrait ensanglanter, jusqu’à en devenir fou.

 

Parfois c’est hormonal, parfois ça ne l’est pas, c’est juste ta tête qui ne supporte plus ta peau et qui ne sait pas quoi en faire. C’est plus facile à accepter quand c’est hormonal, quand c’est quelque part dans ton cycle. Il y a une explication claire, biologique, légitime qui abrite ton mal-être. Ta chair est ton ennemie et tu luttes, mais c’est normal on te dit. Y a des médicaments pour ça tu sais.

 

Mais il faut tout de même le sortir ce corps, l’habiller, le présenter au monde, le faire parler avec d’autres, alors que parfois on a juste envie d’y enfoncer ses ongles et de l’enfoncer quelque part. On s’en veut d’être comme ça, alors on se débat contre soi-même.

 

Un jour j’ai écouté un  podcast où une blogueuse était interviewée. Entre autres choses, elle parlait des phases du cycle qui influent parfois beaucoup trop sur le moral. Ou même de moments de malaise qui n’ont rien à voir.  Et elle racontait qu’avec le temps, elle a appris à être attentive à ses phases et à les respecter, et à adapter son quotidien à son corps.  Et non pas l’inverse. Ça tombe sous le sens finalement, mais on ne le fait pas. Au lieu de suivre son corps, on lui en veut et on lui imposerait presque une contre-nature.

 

Ç’a presque été une révélation féministe pour moi, ne plus voir mon corps comme un ennemi, mais suivre ses ondulations. Les périodes où il a moins envie d’aller vers les autres,  je ne le forcerai pas. Je nous ne forcerai plus. Si parfois il a mal, alors que rien ne l’explique, j’essaierai de ne pas me dissocier de lui.

 

Ensuite, il y a le regard des autres sur le corps des femmes. Parfois d’une violence inouïe. Au delà de l’aspect physique, de la silhouette , il y a l’immixtion dans ce qu’il y a de plus intime et qu’on voudrait nous faire échapper. Je vais prendre un exemple tout bête, complètement anecdotique. Deux copines, à Alger, célibataires, ont opté pour l’épilation définitive, chez deux dermato différentes. Elles ont demandé une épilation intégrale du maillot. Et dans les deux cas, comme elles étaient célibataires,  LA dermato leur a dit un truc du genre :  «Vous voulez pas réfléchir un peu? Peut-être que votre partenaire ou mari n’aimera pas ».

 

Je trouve  ahurissant qu’un médecin fasse passer  la réaction et les goûts d’un éventuel mari ou copain avant le souhait exprimé par la fille en face. Evidemment, tu peux toujours inviter ta patiente à s’interroger sur son choix, mais par rapport à ses envies à elle .
Eh ben non, ta chatte c’est l’affaire de ton mec. Même s’il n’existe pas encore.

 

C’est juste un exemple parmi tant d’autres, plus profonds encore, des choses que les autres projettent sur nous, et qu’on finit par incorporer. Au point parfois d’arriver à ne plus savoir ce que l’on veut, et même ce que l’on est. Une identité féminine perdue, entre ses attentes et celles des autres, ses peurs, des contradictions qu’on a même plus le « droit » d’avoir, des envies qu’on s’interdit même parfois de ressentir.

 

Puisque la journée de la femme est une fête, qu’on nous offre des roses, un cadeau ou une après-midi, alors exprimons des voeux. Moi je vous souhaite d’entendre votre corps et de vous entendre avec lui. S’il y en a bien un qui ne vous mentira jamais, c’est lui.

 

 

Mamzelle Namous 

Un Heureux évènement

 

 

L’autre jour j’étais dans le bus , à Paris, assise à côté d’une marocaine et d’une algérienne. D’un certain âge, comme on dit ( des vieilles). Elles ne se connaissaient visiblement pas très bien puisqu’elles se posaient des questions sur leurs vies, leurs enfants, leurs beaux-enfants. La marocaine a dit que l’une de ses belle-filles était algérienne. L’autre a direct demandé « de quelle région? »

 

-De kabylie
-Ah ! c’est bien ! elles sont belles les kabyles, elles ont la peau blanche, les cheveux clairs, en plus c’est des travailleuses, elles cuisinent…
– bla bla bla
– C’est pas comme les sétifiennes, elles savent pas cuisiner….

 

Tous les clichés étaient là, comme ça, direct dans ta tronche brune. Je me suis dit que c’était probablement pour ça que je ne m’étais pas mariée, pas assez blanche, pas assez bonne cuisinière, pas assez kabyle. Mais Dieu merci, pas sétifienne, ç’aurait été le drame de ma vie.

 

Bon évidemment la meuf qui a sorti ces phrases devait être très très conne, mais ce truc de la blancheur est tout de même hyper répandu chez nous, les algériens. Et peut-être dans les autres pays du Maghreb aussi. On a pas l’exclusivité de ce soit-disant critère de beauté, suffit d’aller voir les femmes noires qui se dépigmentent la peau pour tendre plus vers le « marron » que le « noir », et qui souffrent beaucoup de cette vision de la beauté.

 

En Algérie, ça m’a toujours un peu fait rire. Les meufs qui veulent pas bronzer avant leur mariage pour être bien «blanche » le jour J. Les femmes qui précisent à chaque fois « elle est très belle, blanche de peau »; « Elle est très brune, MAIS elle est jolie ». Sans parler des yeux clairs…. critère ultime de la beauté fatale!

 

Bon c’est assez rigolo, ça empêche pas les bruns et les brunes d’être heureux, beaux, et amoureux, et épanouis, et de fuck them all, mais c’est tout de même un peu triste aussi. On passe notre temps à parler du « complexe du colonisé », à reprocher à certains d’être trop francophones ou francophiles, de pas assez parler arabe, de pas être suffisamment algériens, de vivre un mode de vie « occidental », d’être complexé, parce que vous vous comportez de telle ou telle façon, et chez ceux-la mêmes qui font ce genre de reproches, on retrouve ce graal de la beauté blanche. De l’oeil clair. Suffit de voir le bonheur de certains parents quand ils décèlent chez leur rejeton une lueur bleue ou verte dans l’oeil, limite ils ont envie de poster ça sur Facebook. Peut-être que certains le font, et que leurs amis commentent sincèrement « allah ibarek »*.

 

Toutes ces questions de types et de races ( oups le gros mot ), ça me dépasse un peu. Il vaut mieux qu’on parle d’un problème plus grave encore en Algérie et qui nous concerne tous : les secrets autour des bonnes nouvelles. Je passe du coq à l’âne oui, mais ce n’est pas bien grave. A défaut d’être blonde, j’ai le droit de papillonner d’un sujet à l’autre.

 

Alors je l’avais bien sûr déjà remarqué ici et là, les gens sont généralement peu enclin à partager les bonnes nouvelles. Parfois, surtout quand c’est professionnel et anticipé, ou financier, quand il s’agit de grossesses, ou que la chose ne vous regarde pas, c’est tout à fait normal.

 

Mais ce qui me choque, c’est lorsque des gens que vous connaissez bien, voire très très bien, voire trop bien, vous cachent qu’ils vont se marier dans quelques mois. Si vous ne leur parlez pas, et que vous n’évoquez jamais le sujet, alors ok pourquoi pas…. Mais quand ces gens-là vous parlent fréquemment, passent des soirées avec vous, se plaignent même parfois de leur célibat, vous demandent « et toi c’est pour quand? » « et toi t’en es où? », et vous souhaitent «d’être la prochaine » , et qu’un jour ils vous appellent pour vous inviter à leur mariage qui aura lieu dans 15 jours, vous êtes en droit de vous poser des questions.

 

Je crois que nous sommes nombreux à avoir vécu ce genre de situations:

– Allo? salut, ça va? ça va? el hamdouleh et toi? bla bla bla! je t’appelle pour t’inviter à mon mariage, c’est dans deux semaines, tu es libre j’espèèèèèère.
-……..hein? hahaha! c’est une blague?
– non non
– non mais t’avais un mec ( ou une meuf?) ( enfin, en général l’ami masculin qui vous a caché l’existence de sa fiancée ne vous invitera pas à son mariage).

 

Et là attention vous avez droit à l’explication internationale de la mort qui tue :
– Tu sais, tout ça s’est fait très très vite. On m’a parlé de quelqu’un, on nous a présenté. ( ou alors c’est un ex qui ressurgit des méandres du passé, ou un voisin, ou un cousin. Dans ce dernier cas, ils peuvent toujours se brosser pour que leurs enfants soient race aryenne). Et puis, son frère qui habite au Canada est venu à Alger, et comme il vient qu’une fois par an, on en a profité. Enfin voilà fallait faire vite.
-Ok…..
– Mais s’il te plait viens viens viens, matloumich 3liya**, j’ai pas eu le temps de te prévenir avant, on court partout avec les préparatifs.

 

 

Et cette personne est sincère, elle veut vraiment que vous soyez présent à son mariage. Elle voulait juste pas vous prévenir trop tôt…

 

La première fois que j’ai entendu ce genre d’histoires, j’ai cru en la bonne foi de la personne. Après tout, le coup de foudre, les décisions hâtives , ça existe. Et puis, quel intérêt à mentir?

La deuxième fois, j’ai commencé à croire qu’Alger se transformait en Las Vegas. Si tu veux te marier en mode express, viens à Alger.

 

Et puis j’ai entendu de plus en plus d’exemples comme ça.
La troisième fois, quand une personne très proche m’a fait ce coup, j’ai crié d’étonnement et de dépit. J’ai réalisé les sentiments et suspicions derrière ces cachoteries. Je peux même les comprendre, les algériens sont tellement paranos qu’ils ne s’échangent même plus les trucs les plus basiques. Mais ce que je ne comprends toujours pas, c’est pourquoi les gens qui vous cachent ces choses insistent tant pour que vous soyez présent à leur fête.
Pour l’image peut-être, le qu’en-dira-t-on, le désir de ne pas briser de liens…. Mais cette fois là, j’ai décidé que cette histoire d’image ne suffisait pas, et je suis restée chez moi, avec mon air brun un peu déçu. Pourtant j’étais sincèrement heureuse que mon amie ait rencontré quelqu’un, mais ce bonheur, j’ai fait comme tout le monde, je l’ai gardé pour moi.

 

Mamzelle Namous
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*Bravo bravo bravo, sur le dos du bon Dieu
** Ne m’en veux pas /please don’t be mad/ no me detestaré