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Jour je ne sais plus combien, jour de grande chaleur, jour à rester chez soi, mais même chez soi il fait chaud. Jour où on découvre au fond d’un placard un vieux ventilo. Dieu merci il marche, mais il faut vraiment s’y coller pour sentir la brise de l’air qui tourne. Alors on s’y colle, parfois on s’oublie et on se demande d’où vient ce bruit. Souvent ça donne mal à la tête tout ça. 

Alors on voudrait boire un grand verre d’eau avec un doliprane , mais on peut pas, c’est carême time! 
On s’endort, mais on est vite réveillé par une voisine qui joue aux cantatrices d’opéra. L’aigu de sa voix cogne contre le mal de tête. J’ai envie de crier ta guuuueeeelle, bel3iiii femek, mais je sais pas si ça se fait. C’est pas à Alger qu’on entendrait ça. Mes voisins algérois me manquent d’ailleurs, la vue du père  de famille qui traîne sur le balcon en tricoudepou blanc restera à jamais dans ma mémoire.

Je tourne en rond et j’ai désormais une certitude : l’appartement produit des sources de chaleur secrètes. Mon corps aussi, c’est un complot. 
Je me décide à sortir pour acheter des gatou, grande consolation de la journée et de la vie. A la pâtisserie, la nana me demande si c’est pour consommer tout de suite. -Non madame je suis en jeûne ( parenthèse enchantée sucrée : plus vous discutez avec les vendeuses, plus vous avez des chances qu’elles vous offrent des chocolats à la fin). Et là voilà qui s’exclame : –Ah oui c’est le Ramadan! Y  a quelques jours, on a eu un client japonais qui travaille à l’ambassade d’Akgérie, et il jeûne aussi. Il nous a raconté que l’an dernier il a perdu 7 kilos. 
Ah c’est bien mabrouk 3lih, info essentielle de la journée.

En rentrant, je croise un fou qui crie sur les gens. J’ai droit à un « tu s*ces toi! T’as fait ça toute ta vie !». Merci beaucoup khou, ça fait vachement plaisir. Je pensais m’être débarassée des agressions verbales dans la rue, et ben non! Moi j’essaie de ne penser à rien, de vivre au rythme de la lune et des arbres, et toi tu me balances ça.

Deux heures avant le ftour, entre 20h et 22h, c’est ce moment crucial qui ne sert à rien. T’as déjà servi ta journée, tu peux rien faire si ce n’est attendre. De préférence affalée sur un canapé à chercher des séries et à regretter d’avoir déjà tout vu pendant l’année.

La nuit venue, des coccinelles volantes envahissent les murs. C’est mignon, mais ça m’emmerde. Paraît que ça porte bonheur mais je suis obligée de les tuer. Un peu à contrecoeur, alors je leur chante amoureusement ce refrain d’un dessin animé qui date un peu : « coucou c’est moi co-cocinelle /avec mes ailes j’ suis la plus belle/ coucou c’est moi co-cocinelle/ j’ suis la plus belle des coccinelles». Psssshiiiit au revoir! 
Et oui, la raison a aussi ses raisons que le coeur ignore. Mais bon, les coccinelles elles sont bien contentes, au fond, de mourir d’amour, parce que plus personne ne meurt d’amour aujourd’hui. Et ça, mes braves gens, c’est bien triste. 

Mamzelle Namous

p.s je me répète : y a pas que facebook dans ma vie, y a twitter et maintenant instagram aussi ( c’est sympa ce nouveau petit truc hein ;)